Spécialisé dans la conception et la réalisation de circuits fermés aquacoles, le bureau d'étude CHF, dans les Alpes Maritimes (06), vient d'achever la réalisation d'un équipement de stockage de langoustes sauvages, pour le compte d'un client américain installé aux Bahamas, (dans les eaux atlantiques - au large de la Floride), et spécialisé dans la pêche et la commercialisation de la langouste tropicale : Panulirus argus. Pour Hervé COUDERT, l'ingénieur de CHF qui a mené à bien une partie du projet, " la problématique essentielle posée dans ce cas de figure était de concevoir un filtre biologique permettant de dégrader rapidement et efficacement l''ammoniac produit en abondance par la langouste lors de sa capture ". Dans une eau à 25°C et dans un état de stress maximum (générateur de pollution azotée), la langouste libère naturellement des taux d'ammoniac pouvant atteindre 1 g/kg de biomasse vivante par jour. Ces doses peuvent rapidement devenir létales. Si nous n'oxydons pas cet ammoniac rapidement, les langoustes empoisonnent. Il faut donc, dans le jargon technique, " écrêter " la courbe de production d'ammoniac ; c'est-à-dire diminuer au maximum les concentrations en ammoniac pendant toute la durée du cycle de conditionnement.


Nous avons donc construit des bassins de stockage en circuit fermé, installés à 250 m de la côte et dans lesquels nous ramenons la température de 25 à 10°C en quelques heures. Les langoustes sont plongées dans un état de léthargie qui réduit leurs fonctions vitales au minimum. Elles sont alors capables de voyager dans d''excellentes conditions jusqu''à leur destination finale : les viviers des plus grands restaurants du monde. Ces bacs, d''un volume unitaire de 9 m3 pour des biomasses de prés de 50 kg/m3, sont reliés à un équipement de refroidissement, de filtration et de stérilisation très pointu.


Sans toutefois préciser le volume d'eau circulant, ni le protocole mis en place, CHF affirme avoir réussi à élaborer des filtres biologiques qui dégradent l'ammoniac même aux basses températures : " l'essentiel étant quand même de trouver la meilleure adéquation entre biomasse, courbe abaissement de la température de l'eau, maintien d'une population bactérienne optimale et respect des exigences des animaux maintenus ". Le cahier des charges imposait un taux de mortalité sur toute la durée du cycle (de la capture aux Bahamas à l'acclimatation dans le vivier des restaurateurs) inférieur à 2 %.